https://www.arte.tv/fr/videos/114209-000-A/maduro-du-socialisme-a-la-dictature
3 janvier 2026 : Le couple a été inculpé dans le district sud de New York. Nicolás Maduro, à la tête du Venezuela depuis 2013, est accusé de complot pour narcoterrorisme, de possession d’armes automatiques et d’engins explosifs, et de complot visant les États-Unis, a annoncé la procureure générale des États-Unis, Pamela Bondi. « Ils seront bientôt jugés par la justice américaine sur le sol américain » https://www.mediapart.fr/journal/international/030126/trump-annonce-la-capture-et-l-inculpation-du-president-maduro
Retour de la doctrine de sécurité Monroe : Washington veut un gouvernement à Caracas qui lui permette de bénéficier plus aisément des ressources pétrolières du Venezuela. Et le narcotrafic est une justification rocambolesque pour faire passer cette opération comme une action policière de maintien de l’ordre. »
Pour la vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodríguez, qui doit, selon la Constitution du pays, assurer la suite en cas de vacance du pouvoir, il n’y a pas de changement de régime à ce stade. Nicolás Maduro « a donné des ordres très clairs à la Force armée nationale bolivarienne afin […] que tous les plans de défense intégrale de la nation soient activés […] Les instructions du président Maduro ont été données », a-t-elle déclaré à la télévision publique VTV.
Le ministre de la défense vénézuélien, le général Vladimir Padrino López, a par ailleurs annoncé après les frappes états-uniennes « le déploiement massif de tous les moyens terrestres, aériens, navals, fluviaux et balistiques, système d’armes pour la défense intégrale ».
« Face à l’agression criminelle commise par le gouvernement des États-Unis contre la patrie, nous avons demandé une réunion urgente du Conseil de sécurité des Nations unies, chargé de faire respecter le droit international », a aussi déclaré sur la messagerie Telegram le ministre des affaires étrangères vénézuélien, Iván Gil.
Plus tôt, début décembre, Nicolás Maduro avait posé ses conditions à un éventuel départ, d’après le journal britannique The Telegraph : il aurait demandé à Donald Trump des garanties de sécurité pour lui et ses proches assorties de substantielles exigences financières, ainsi que le maintien de l’appareil actuellement au pouvoir à Caracas. Washington a manifestement fait le choix d’une autre méthode.
Janvier 2026 : L’Agence centrale de renseignement (CIA) a été autorisée à mener des opérations secrètes en vue de potentielles interventions sur le territoire, et la marine américaine intensifie ses bombardements en mer contre des embarcations accusées de transporter de la drogue. Qualifiés d’« exécutions extrajudiciaires » par le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, ils ont déjà causé la mort de plus de cent personnes (au 18 décembre 2025)
Novembre 2025 : Washington qualifie le président vénézuélien Nicolás Maduro de « narcoterroriste », offre 50 millions de dollars à qui facilitera sa capture et déploie 10 000 soldats et des navires de guerre en mer des Caraïbes.
Mars 2025 : La Russie a soutenu le régime vénézuélien du président Nicolás Maduro — lourdement sanctionné par Washington — en acheminant par avion des tonnes d’or vénézuélien vers divers marchés étrangers, dont celui de Dubaï, où l’or était échangé contre des dollars et des euros.
8 janvier 2025 « fuite en avant autoritaire » de Nicolás Maduro : https://legrandcontinent.eu/fr/2025/01/08/investiture-de-maduro-comment-le-venezuela-est-il-devenu-un-regime-autoritaire/
Octobre 2024 : Pour n’évoquer que la période ouverte avec l’arrivée au pouvoir de M. Maduro en 2013, leur hostilité s’est traduite par l’application de sanctions illégales au regard du droit international. Les premières, décidées en 2015 par le président Barack Obama (2008-2016) au motif fallacieux que le pays constituait une « menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis », ont été renforcées par son successeur Donald Trump (2016-2020) et maintenues par M. Joseph Biden (2020-2024) malgré quelques assouplissements permettant à plusieurs multinationales (dont Chevron) de bénéficier de licences d’exploitation pétrolière sur le territoire. Le Venezuela se voit empêché de financer sa dette sur les marchés internationaux, et sa compagnie pétrolière ne peut plus utiliser le dollar. L’action américaine asphyxie l’économie du pays, assèche ses entrées de devises, annihile son commerce extérieur et l’expose à un risque-pays prohibitif pour les investisseurs internationaux. Selon les autorités vénézuéliennes, 930 mesures ont ciblé le gouvernement, l’industrie pétrolière et le commerce extérieur entre 2015 et 2023.
Restaurer la pré-éminence américaine en Amérique latine
https://www.monde-diplomatique.fr/2026/01/VENTURA/69163
James Monroe (1817-1825), le premier à avoir désigné, en 1823, l’Amérique latine comme une sphère d’influence dévolue à son pays, en en bannissant toute nouvelle colonisation ou intervention européennes. Près d’un siècle plus tard, en 1904, le président Theodore Roosevelt affinait cette théorie en déclarant que, « dans l’hémisphère occidental, l’adhésion des États-Unis à la doctrine Monroe peut [les] contraindre, même à contrecœur, dans des cas flagrants d’actes répréhensibles ou d’impuissance, à exercer un pouvoir de police internationale ». Une posture baptisée depuis « corollaire Roosevelt ». Aujourd’hui, le document de stratégie nationale adjoint un « corollaire Trump » à la doctrine déjà constituée.
Selon le document stratégique officiel, il s’agit de « restaurer la prééminence américaine dans l’hémisphère occidental et de protéger [le] territoire national et [l’]accès à des zones géographiques-clés dans toute la région ». « Nous empêcherons les concurrents non hémisphériques de positionner des forces ou d’autres capacités menaçantes, ou de posséder ou contrôler des actifs stratégiquement vitaux dans notre hémisphère. »
Le président américain prône une nouvelle « diplomatie commerciale » à l’endroit des pays du sous-continent. Il leur enjoint d’agir au service des orientations de Washington, chez eux comme dans leur politique extérieure. Parce que l’Amérique latine « recèle de nombreuses ressources stratégiques » nécessaires aux États-Unis (hydrocarbures, matières premières, produits agricoles, infrastructures et sites géographiques), ses États peuvent contribuer au « renforcement des chaînes d’approvisionnement critiques dans cet hémisphère [qui] réduira les dépendances et augmentera la résilience économique américaine ». Le document invite les gouvernements à faire des États-Unis « leur partenaire de premier choix ». Ceux qui obtempèrent seront récompensés. Quant aux fortes têtes, la superpuissance « les dissuadera (par divers moyens) de collaborer avec d’autres ».
Les droites gagnent du terrain en Amérique latine, leurs pôles radicaux accroissent leur influence ou remportent directement les élections de figures qui puisent davantage dans le registre idéologique. L’heure serait venue, affirment les nouveaux ténors de la droite latina, de pourfendre l’hydre communiste.
D’autres facteurs contribuent à alimenter l’ascension des droites. De nombreuses activités économiques sont apparues sous des formes d’autoentrepreneuriat, notamment dans les services liés au développement des plates-formes numériques (transports, restauration, import-export, etc.). Cet essor intervient dans des économies où le secteur informel absorbe près d’un travailleur sur deux, et même plus de 70 % dans certains pays, comme la Bolivie, l’Équateur, et le Pérou. Les jeunes hommes urbains et les femmes sont particulièrement concernés. Cette extension du travail à son compte nourrit les tendances à l’individualisme social et politique et à la fragmentation des électorats. Le rejet des gouvernements sortants se radicalise à mesure que les perspectives d’ascension sociale s’éloignent. Les courants conservateurs, religieux et traditionalistes développent une vision réactionnaire de la place des femmes dans la société, soufflant ainsi dans les voiles des formations de la droite radicale.
En 1973, la Maison Blanche avait soutenu le coup d’État de Pinochet. Cinquante ans plus tard, le président américain se félicite de la victoire à la présidentielle chilienne de M. José Antonio Kast qu’il a « soutenu ».
Début 2025, la présidente de gauche Xiomara Castro avait menacé de mettre un terme à cette coopération pour protester contre la politique d’expulsion de migrants voulue par M. Trump, qui allait bientôt frapper des dizaines de milliers de ressortissants de la nation centre-américaine. D’où les messages vengeurs de M. Trump : Si l’homme d’affaires conservateur Nasry « Tito » Asfura (Parti national), « l’ami de la liberté », remportait la présidentielle, les États-Unis lui accorderaient « tout leur soutien ». S’il ne gagnait pas l’élection, ils « ne [gaspilleraient] pas leur argent, car un mauvais dirigeant ne peut qu’entraîner des résultats catastrophiques pour un pays ».
En 2026, de nouvelles élections interviendront dans des pays-clés de la région : Brésil (octobre), Colombie (mars et mai), Costa Rica (février et avril) et Pérou (avril). Deux d’entre eux, le Brésil et la Colombie, verront des gouvernements progressistes défendre leur bilan face à des droites puissantes et « revanchardes ». Tout conduit à penser que les Latino-Américains vont recevoir beaucoup de messages de la part de M. Trump…