Au début du XXIe siècle, plates-formes et réseaux sociaux proposent la lecture des contenus à vitesse rapide (× 1,5 ou × 2) grâce à une kyrielle de services comme Power Reader, Spreeder, Outread, Speed Reader, ReadQuick, Reedy promettent de « lire trois fois plus vite que d’habitude ». SmartNews « compile des infos de plusieurs sources en des résumés concis, ce qui te permet de rester informé sans te sentir dépassé » ; Inshorts synthétise les « meilleures actualités nationales et internationales, résumées en soixante mots maximum » ; Briefly, « un service intelligent », « résume les points essentiels de manière claire tout en les classant automatiquement par thèmes ».
Durant la guerre à Gaza, Facebook et Instagram ont tripatouillé leurs algorithmes pour limiter la portée des médias palestiniens, comme l’a montré une enquête de la BBC le 18 décembre 2024, et X affiche un biais pro-israélien si prononcé qu’il a suspendu son propre robot conversationnel, Grok, après que ce dernier a écrit que l’armée israélienne commettait un « génocide » à Gaza avec la complicité américaine.
X ou CNews ont rebaptisé « liberté d’expression » le pouvoir des propriétaires d’imposer leur point de vue aux plates-formes et aux chaînes privées. Ils promeuvent un « free speech » qui consiste à censurer ou à dénigrer quiconque se prononce en faveur de la Palestine, des mouvements LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et trans), de l’impôt, des syndicats, de l’antifascisme, du communisme, etc.
Quand la plate-forme TikTok a été jugée trop poreuse aux critiques d’Israël, le président américain a obligé son propriétaire à la vendre à un milliardaire proche de Tel-Aviv, provoquant un changement de ligne.
L’Union met en place un règlement européen sur la liberté des médias qui garantit les droits d’un journalisme traditionnel dont l’écrasante majorité des titres soutient les deux derniers piliers du projet européen : le marché et la perspective unificatrice d’une guerre contre la Russie.